Dans le cadre de la journée internationale des luttes féministes, le collectif Féministes Partout vous invite à un rassemblement ce SAMEDI 6 MARS à la Rotonde Jaurès - Stalingrad, Paris 19e, de 15h à 17h.
Nous distribuerons le texte ci-dessous, arborerons banderole et pancartes, écouterons de la musique…On pourra aussi discuter et faire avancer nos projets, boire du thé ou du café, etc.
La république n’est pas la liberté pour touTEs ni l’égalité entre touTEs et la fraternité ne profite qu’à certaiNEs. La république française est raciste Le débat sur l’ « identité nationale » nous a martelé que l’égalité hommes-femmes et le féminisme sont des valeurs nationales. Nous dénonçons cette imposture. Nous sommes féministes et nous refusons toute instrumentalisation de nos luttes à des fins racistes, islamophobes, électoralistes et nationalistes. Penser que le sexisme et l’homophobie n’existent que dans les banlieues, qu’ils ne tuent que chez les raciséEs et dans les « Autres » cultures : chez les pauvres, les pas-catholiques, les pas-blancHEs… est une stratégie idéologique relevant du colonialisme. Nous refusons que le féminisme soit exhibé pour discriminer et exclure - par exemple les femmes voilées ou portant la burqa de l’espace public - ou pour justifier le refus de cartes de séjour et de naturalisations. La république est raciste parce que les étrangerEs vivant, travaillant et cotisant en France n’ont toujours pas le droit de vote. Sous prétexte de racolage, les prostituéEs sans-papierEs sont expulséEs. Nous observons et condamnons une police et une justice à deux vitesses, notamment vis-à-vis des descendantEs des anciennes colonies. Nous refusons que le féminisme soit brandi comme un « label de civilisation » et de modernité.
Pas en notre nom !
La république française est hétérosexiste, hétéropatriarcale et homophobe Nous refusons cette politique gouvernementale raciste qui sert à occulter le recul des droits des femmes tout autant que la dégringolade des droits sociaux et économiques :
Le patriarcat des blancs est bien installé, adossé à la religion catholique : le gouvernement soi-disant laïc est mené par un premier ministre catholique pratiquant qui adore rencontrer le pape, Boutin-et-sa-bible a été ministre, le président de la république se signe à tout moment… Un système violemment à l’attaque contre les gouines, trans, pédés et les putes ; un système pratiquant un harcèlement sans répit contre le droit à disposer de son corps et de sa sexualité. Dans cette république, il y a des citoyenNEs avec des droits, d’autres avec des demi-droits et d’autres sans droits du tout. Il demeure des inégalités de droit au séjour, à la parentalité, au mariage, à des papiers correspondant à nos identités, à l’accès au suffrage "universel"… Les sans-papierEs, les trans, les gouines, les pédés, les pas françaisES, les prisonnierEs, les psychiatriséEs sont des sous-citoyenNEs. Cette exclusion de la part de l’Etat entretient l’ignorance et décomplexe voire justifie toutes les violences à leur encontre : des insultes banalisées aux agressions physiques, des violences symboliques des administrations à la terreur du patronat.
Pas en notre nom !
La république française est impérialiste et capitaliste L’armée française est plus que jamais présente en Afghanistan, où elle fait la guerre au nom d’une pseudo "libération des femmes". Les anciennes colonies continuent à être exploitées par des grandes entreprises françaises et la politique d’immigration choisie est une nouvelle forme de pillage des richesses du Sud. Faire croire que l’immigration doit être "utile" et "profitable" et dire qu’on va privilégier l’immigration des élites, c’est contraindre le prolétariat à la clandestinité. Ce système crée sciemment des concurrences entre travailleurEs, avec ou sans papiers, blancs, non-blancHEs, européenNEs, non-européenNEs, hommes, femmes. Ces divisions détruisent nos consciences de classe. Ils nous parlent de solidarité internationale pour sauver les banques et leurs bourses. Par contre quand on évoque nos droits et nos acquis sociaux, ils nous répondent « identité nationale ». Nous dénonçons la préférence nationale à l’embauche, tout autant que la mise en concurrence internationale des ouvriers et les délocalisations. Nous refusons cette fraternité entre puissants, banquiers et gros industriels, actionnaires et rentiers, qui bénéficient de toutes les facilités pour piller les ressources communes.
Pas en notre nom !
Nous refusons le féminisme universaliste blanc, bourgeois, laïcard et hétéronormé qui impose ses croyances républicaines et ses normes d’émancipation, prétexte à la déferlante haineuse et moralisatrice qui oppose les femmes. Nous nous réclamons d’un féminisme qui ne se base pas sur une injonction à l’émancipation, qui ne dicte pas un modèle unique de libération mais qui repose sur la parole et les revendications des premières concernées.
Collectif Féministes partout – Paris, mars 2010
http://feministespartout.blogspot.com/